Néophytes

Des plantes exotiques, originaires des quatre coins du monde, envahissent en maints endroits la forêt. On les appelle «néophytes». Comme l’écosystème forestier en souffre et qu’il constitue un terrain d’accueil pour ces nouvelles arrivantes en pleine expansion, une lutte systématique est nécessaire. Les néophytes engendrent des coûts considérables pour les propriétaires forestiers.

Toute plante importée en Suisse après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb est appelée « néophyte », littéralement « nouvelle plante ». C’est le cas, par exemple, des pommes de terre. Parmi ces nouvelles venues, seules sont problématiques celles qui sont envahissantes, c’est-à-dire qui colonisent spontanément des milieux naturels comme la forêt ou les berges des cours d’eau.

Jardins et graines pour oiseaux

Beaucoup de néophytes se propagent depuis des jardins privés ou des espaces verts. L’arbre à papillons (Buddléia), le solidage du Canada ou le laurier-cerise en sont des exemples typiques. Les graines pour oiseaux constituent une source fréquente, quoique sous-estimée de néophytes. Elles contiennent souvent des graines d’espèces exotiques disséminées sur de grandes distances par les oiseaux, notamment en forêt.

Des chemins forestiers comme points de départ

Les routes et les chemins forestiers représentent des lieux de propagation propices pour les néophytes. D’une part, les semences y sont facilement acheminées comme « passagers clandestins » par les véhicules. D’autre part, les talus de route ensoleillés offrent des conditions de croissance optimales pour nombre de plantes envahissantes.
Un réseau de desserte approprié permet néanmoins de contrôler plus facilement la présence de néophytes et, le cas échéant, de les combattre.

Potentiel de dommages

La lutte contre les néophytes s’avère plus ou moins difficile, coûteuse et efficace. Il peut en résulter des coûts élevés à charge des entreprises et des propriétaires forestiers, bien qu’ils ne soient pas responsables de cette situation. Les répercussions économiques des espèces invasives dans les forêts protectrices, les réserves naturelles et les zones de protection des eaux souterraines sont difficiles à chiffrer, mais ne doivent pas être sous-estimées. Les néophytes y concurrencent la végétation naturelle, causant ainsi un déséquilibre dans l’écosystème. Des forêts protectrices moins stables ou des réserves forestières envahies par des plantes exotiques pourraient en être la conséquence.

Liens

Info Flora,
Centre national de données et d'informations sur la flore de Suisse

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